Notre classe vivante, en plein air
Notre propriété de 1,7 acre dans le nord d’Aylmer est notre chez-nous, une pépinière, un verger de semences, mais aussi notre classe vivante; une scène où nous regardons la nature revenir, avec notre intention et notre soutien, grâce à nos actions et nos expériences en écologie urbaine; en échange, elle nous permet d’entrevoir, d’observer et de décoder ses interactions.

Nous l’appelons notre Labo d’apprentissage, parce qu’une marche dans n’importe quelle direction mène à une série d’expériences en restauration urbaine, et nous ne faisons que commencer cette transformation.
Tout au long de la saison de croissance, le labo accueille des journées d’observation de la faune pour les membres de Pollinate Aylmer, ainsi que des ateliers expérientiels offerts par Canopée Localeaf. Nous organisons des corvées d’empotage où les membres de la communauté se réunissent pour empoter des semis destinés aux jardins communautaires, et les participants repartent avec tout ce qu’ils ont aidé à planter. Nous accueillons aussi les visites libres pendant nos heures d’ouverture.
Ci-dessous, vous pouvez découvrir certains des habitats que nous avons créés l’an dernier, ainsi que nos projets ambitieux pour cette année. Mes billets de blogue détaillent notre approche pour chacune de ces expériences, lorsque j’ai eu le temps d’y réfléchir.
Nos expériences au Labo d’apprentissage

La microforêt Miyawaki C’était notre première tentative de reforestation urbaine dense sur le terrain du labo, selon la méthode Miyawaki, adaptée à notre paysage local. (Découvrez comment nous l’avons construite.) Avec plus de 80 espèces d’arbres, d’arbustes et de plantes de sous-bois regroupées dans un espace dense, c’est un véritable cours magistral sur la compétition et la coopération entre espèces. J’y retourne bien des matins pour traverser la microforêt avec mon café, et observer en temps réel comment les arbres se font la course vers le soleil — une fenêtre à long terme sur la façon dont une forêt se construit depuis le sol.

La forêt nourricière indigène Bien que nous nous appuyions sur les principes de la permaculture et que nous ayons hérité de plusieurs arbres fruitiers, notre approche pour créer une forêt nourricière autour de ces arbres existants mise principalement sur les plantes indigènes. Nous bâtissons une forêt qui nourrit — pas seulement nous, mais aussi la faune qui partage ce territoire. Nous utilisons des arbustes et des arbres comestibles indigènes pour remplir les rôles traditionnels de « guilde », en observant comment une approche axée sur les plantes indigènes en production alimentaire crée un écosystème plus résilient et autosuffisant.

Le jardin de pluie Notre jardin de pluie est un aménagement paysager fonctionnel conçu pour capter le ruissellement et le laisser s’infiltrer lentement dans le sol. (Lisez le récit de sa construction.) En utilisant des plantes indigènes à racines profondes et des graminées tolérantes aux submersions, nous avons créé un système de filtration naturelle à action rapide dans un sol argileux profond, capable d’absorber et de diriger l’écoulement de l’eau sur la majeure partie de l’arrière de notre propriété. Dès la première saison, nous avons observé plusieurs espèces de grenouilles s’y installer, au grand bonheur des enfants. Le jardin de pluie a été mis à rude épreuve cet hiver lorsque le tuyau souterrain de notre pompe de puisard s’est effondré pendant un dégel. Nous avons redirigé le débit vers le jardin de pluie, et il tient le coup bien mieux que prévu, moins d’un an après sa création.

La conversion du terrain avant : des lis de fossé à une haie vivante Le côté droit de notre terrain avant était un enchevêtrement de lis de fossé envahissants. (Voyez la transformation.) Nous avons eu besoin d’un ami avec une excavatrice pour les retirer à la profondeur qu’ils avaient atteinte, puis nous avons recouvert la zone de carton et de paillis. Juste avant la première neige, un peu plus tard en saison que je l’aurais espéré, le terrain était enfin prêt à planter, bien que les plants en mottes aient été mis directement dans une épaisse couche de copeaux de bois. Dans cette zone, nous avons appliqué des principes de plantation dense, en espérant qu’avec un nombre important de plants, ils s’adapteront et grandiront rapidement pour former un tapis vivant de couvre-sol, pendant que les quelques arbres que j’ai plantés développent des racines plus profondes et commencent à offrir une canopée. Certains des arbres plantés ici sont les frères et sœurs de ceux plantés dans la microforêt, et j’ai bien hâte de les voir pousser dans des conditions différentes. L’espoir est que cette bande de terrain reconvertie devienne un jardin intrigant pour les voisins et les passants, assez pour qu’ils s’arrêtent, lisent la signalisation, et envisagent d’en apprendre davantage sur notre projet de réensauvagement.
Les mini-prairies Éparpillées un peu partout dans notre cour comme des îlots de biodiversité, nos mini-prairies sont des espaces où le gazon a été mis à la retraite, et où des plantes compatibles ont été plantées côte à côte comme jeunes semis, puis laissées libres de vagabonder, de s’étendre pour combler les espaces, de vivre de longues vies ou de disparaître après quelques saisons, et de nous permettre d’observer la prairie devenir un tout. Ce sont des zones à fort achalandage pour les pollinisateurs, où nous laissons les fleurs sauvages montrer le chemin et observons quelles espèces les abeilles et les papillons choisissent en premier.

À l’horizon : les projets 2026
Cette saison de croissance, j’ai imaginé quelques nouvelles « idées folles » que la famille m’aidera à concrétiser. Cette année, nous misons sur la fantaisie, l’eau et la faune :
Le jardin secret
Un projet en collaboration avec Remi, combinant mes idées et les siennes. Nous créons un espace clos et fantaisiste au cœur de notre cour, sous l’ombre d’une sorte de noyer que nous n’arrivons pas tout à fait à identifier, entouré par le fossé que nous avons créé l’an dernier dans le cadre de notre stratégie de gestion des eaux de ruissellement. Nous utiliserons des vignes indigènes et des plantes d’ombre pour construire une canopée vivante propice à la réflexion tranquille et à l’« art nature », cachée des regards, avec des arches et possiblement de petites portes peintes à la taille de Remi comme point d’entrée.
La clôture faunique
C’est un projet qui me trotte dans la tête depuis des mois. En utilisant un mélange de matériaux recyclés, de branches coupées, de bûches et de brindilles, je compte créer une clôture fonctionnelle autour du jardin secret qui sert aussi d’hôtel de luxe pour les pollinisateurs et la petite faune.
La mare aux grenouilles
Située près de notre jardin de pluie, ce nouvel écosystème sera conçu spécialement pour nos grenouilles résidentes. Nous nous concentrons tout particulièrement sur le soutien à la rainette faux-grillon de l’Ouest, une espèce menacée qui migre du ruisseau forestier derrière notre maison vers notre cour. Nous voulons nous assurer qu’elles disposent d’un refuge humide et sécuritaire qui favorise et soutient leurs habitudes de nidification et de reproduction.
La structure de saule vivant
Je m’intéresse à l’expérimentation en architecture vivante, surtout après avoir découvert deux environnements locaux qui cultivent et récoltent des boutures de saule à vannerie à partir de clôtures de saule vivant. Je veux essayer de créer une telle structure cette année en utilisant des espèces de saule indigènes. J’en ai trouvé deux qui, selon moi, conviendront bien à nos conditions, et même si je m’attends à ce qu’elles prennent plus de temps à atteindre leur forme que les variétés non indigènes habituellement utilisées à cette fin, je suis prêt à faire preuve de patience et à tenter une structure vivante de cette façon.
Venez jeter un coup d’œil
Notre jardin n’est jamais « terminé ». C’est une conversation entre nous et la terre, et nous vous invitons à venir y prêter l’oreille, surtout si vous cherchez de l’inspiration ou de l’aide pour choisir vos plantes. Parfois, la meilleure façon de comprendre une plante est de la voir dans son élément — observer comment elle bouge dans le vent, quels pollinisateurs elle attire, comment elle s’entend avec ses voisines (sociabilité) et comment elle s’enracine dans le sol.

Nous vous invitons à parcourir notre Labo d’apprentissage pendant nos heures d’ouverture. Explorez notre classe en plein air où vous pouvez voir nos plantes interagir entre elles à différents moments au fil des saisons, ainsi que les pollinisateurs qu’elles attirent, et imaginer comment elles pourraient se comporter dans votre propre jardin.