Les termes « indigène » et « quasi indigène » sont souvent trop vagues pour être vraiment utiles. Les frontières provinciales ne décrivent pas fidèlement les conditions de croissance auxquelles une espèce est adaptée, et nous cherchions une meilleure façon d’identifier les plantes que nous cultivons.
Atlas environnemental nord-américain
Plutôt que de nous fier aux frontières provinciales, nous nous appuyons de plus en plus sur le système de classification par écorégions, créé par la Commission de coopération environnementale (CCE). En termes simples, il s’agit essentiellement d’une carte à plusieurs niveaux qui regroupe l’Amérique du Nord en zones définies par la géographie naturelle et par des conditions de croissance, de sol, de climat et de géologie similaires, plutôt que par des frontières humaines arbitraires.

Pour notre emplacement dans le nord d’Aylmer, les trois niveaux sont :
Niveau I
(Forêts nordiques)
identifie notre grand climat tempéré;
Niveau II
(Hautes-terres de l’Atlantique)
précise notre type de forêt spécifique, là où les arbres du nord et du sud se rencontrent;
Niveau III
(Algonquin/Laurentides méridionales)
représente le tapis forestier hyper-local, identifiant les plantes les mieux adaptées à notre sol.
Aylmer, Québec : Un « carrefour écologique »
Le nord d’Aylmer se situe à la croisée de plusieurs paysages et, bien que nos frontières soient définies par la terre (et l’eau), nous avons des voisins immédiats écologiquement diversifiés, en plus d’observer un chevauchement d’espèces entre la forêt et la vallée (comme la zone 8.1.1 de l’autre côté de la rivière, les Basses-terres du Saint-Laurent où se trouve Ottawa).

Échelle de proximité Localeaf
À partir de cette information, nous testons actuellement la catégorisation de chaque plante que nous cultivons à l’aide d’une Échelle de proximité (0 à +7) fondée sur ces écorégions terrestres continentales, plutôt que sur des frontières politiques. Surveillez un article de blogue à venir expliquant pourquoi nous avons choisi cette échelle.
Comment lire l’échelle
Plutôt qu’une simple étiquette « indigène oui/non » ou des frontières provinciales arbitraires, nous pouvons utiliser l’échelle suivante pour comprendre exactement à quel point la génétique d’une plante est adaptée localement à notre sol spécifique, là où le Bouclier boréal rencontre la vallée de la Gatineau :
| Score | Classification | Description |
|---|---|---|
| 0 | Chez nous | Indigène à notre propre écorégion, les Algonquin/Laurentides méridionales — les forêts mixtes des collines de la Gatineau, là où nous cultivons. |
| 1 | Voisin | Indigène aux écorégions directement adjacentes à la nôtre, incluant les Basses-terres du Saint-Laurent de l’autre côté de la rivière et la région des Grands Lacs de l’Est. |
| 2 | Un pas plus loin | Indigène à deux écorégions de chez nous — toujours au cœur du paysage plus large de forêts mixtes et appalachiennes du nord-est de l’Amérique du Nord. |
| 3a | Régional proche | Indigène aux forêts tempérées de l’Est, à 3–4 écorégions de distance — le même grand biome forestier auquel nous appartenons, couvrant l’intérieur des Grands Lacs, les Ozarks et la plaine côtière du sud. |
| 3b | Régional éloigné | Indigène aux forêts tempérées de l’Est, mais à 5 écorégions ou plus — les confins de notre biome, s’étendant jusqu’aux plaines du centre-sud et l’est du Texas. |
| 4 | Boréal/Prairie | Indigène à la taïga et aux forêts boréales du Canada, aux plaines de la baie d’Hudson ou aux prairies des Grandes Plaines — des biomes différents, mais avec un chevauchement significatif d’espèces grâce à une latitude ou un climat continental partagé. |
| 5 | Continental | Indigène aux régions arctiques et de toundra de l’Amérique du Nord, aux chaînes montagneuses du nord-ouest, à la côte ouest maritime ou aux sierras tempérées du Mexique. Sur le continent, mais provenant de paysages éloignés et écologiquement distincts. |
| 6 | Éco-extrême | Indigène aux déserts nord-américains, à la Californie méditerranéenne, aux hautes terres semi-arides ou aux forêts tropicales du Mexique et du golfe. Sur le continent, mais provenant de biomes ayant très peu de chevauchement écologique avec le nôtre. |
| 7 | Exotique mondial | Non indigène à l’Amérique du Nord. Espèces originaires d’autres continents. |
Pourquoi c’est important — Un choix éclairé
En choisissant une plante de Niveau 0, vous plantez pour préserver le patrimoine génétique spécifique de l’Outaouais. En choisissant un Niveau +3, vous aidez peut-être une espèce à fort impact à « migrer » en réponse au réchauffement climatique. Cette échelle ne vous dit pas quoi planter — elle vous donne les données pour décider quel rôle votre jardin devrait jouer dans l’écosystème global. Pour une lecture plus accessible, consultez How Local is Localeaf?
Nous visons à rendre cette information disponible pour chaque espèce que nous cultivons cette année. Vous pouvez voir ce score de proximité à côté de chacune des espèces répertoriées dans notre Catalogue de plantes.
Consultez la liste des plantes que nous cultivons, avec leur score de proximité
Méthodologie et sources
Pour chaque espèce répertoriée dans notre base de données, nous avons commencé par rechercher (avec nos cerveaux humains) l’aire de croissance historique référencée la plus proche, avant la colonisation, en utilisant de multiples sources gouvernementales indexées et évaluées par des pairs. Comme bon nombre de ces références utilisent des systèmes de localisation et de zonage alternatifs (c.-à-d. national, provincial, etc.), nous avons élaboré une correspondance entre chaque système de zonage terrestre provincial, ainsi que notre système national, et la norme de la Commission de coopération environnementale, jusqu’au Niveau III. J’aimerais éventuellement utiliser ce modèle pour comprendre les tendances et prédictions de migration des espèces, mais pour l’instant, dans la version 2.1, nous suivons uniquement la proximité de l’origine des espèces.
Grâce à cette correspondance, nous sommes en mesure d’utiliser le soutien de l’IA pour situer des emplacements précis et les traduire en écorégion terrestre de Niveau III de la CCE la plus proche, puis attribuer le score de proximité Localeaf correspondant pour toute espèce donnée.