Cette semaine, on a mis la touche finale à un jardin de pollinisateurs aménagé avec soin à la Forêt Boucher, l’un des jardins prévus un peu partout dans la forêt cet automne en collaboration avec Canopée Localeaf, la Fondation de la Forêt Boucher et plusieurs écoles primaires du secteur.

On a planté la majeure partie de cette zone de 5 m sur 10 m la fin de semaine dernière, pendant la Fête de la Forêt, dans une petite clairière qui laisse passer un soleil tamisé toute la journée depuis que de majestueux arbres, ravagés par l’agrile du frêne, ont dû être abattus.

Cette première zone de plantation en forêt se trouvait juste à côté du magnifique Sentier de l’Oriole, un terrain de jeu naturel et un parcours d’obstacles en pleine forêt. D’habitude, les enfants ADORENT se salir à côté de nous pendant qu’on plante, mais on savait qu’on aurait à rivaliser avec une tyrolienne et des ponts et structures en bois plutôt uniques, alors on s’attendait à une participation en dents de scie de la part de la jeune génération.
Au lieu de nous inquiéter de la participation, on a décidé de miser sur une expérience interactive digne de son emplacement, juste à côté de ce coin de la forêt où les parents qui connaissent le secret semblent venir avec leurs petits fauves pour leur faire sortir le méchant.

Ma tâche était simple. Choisir et livrer les plantes pour les jardins de pollinisateurs, avec un plan de plantation approximatif. Une tâche grandement facilitée par mon incapacité à me présenter à la plupart des journées de marché auxquelles je comptais participer cet été, ce qui veut dire qu’il me reste encore plein d’espèces de plantes indigènes hyperlocales en stock à la pépinière. La Fondation nous a fourni un inventaire des espèces observées dans la forêt, qui a largement inspiré la vision du premier jardin de notre série de jardins forestiers.

On voulait surtout mettre en valeur des plantes indigènes de la forêt qui attirent les pollinisateurs comme des aimants, tout en introduisant quelques espèces indigènes locales non répertoriées, mais endémiques à la forêt, ET trouver des façons de présenter des communautés végétales qui donneraient aux visiteurs de la forêt l’envie d’ajouter quelques plantes indigènes à leurs propres jardins, à la maison.
Dès le début de la conception, j’ai décidé de diviser le site en six zones distinctes, avec des sentiers permettant aux enfants comme aux visiteurs de la forêt de circuler facilement d’une section à l’autre, sans déranger les plantes ni les créatures de la forêt qui en dépendent. Voici un bref aperçu du chaos qu’est mon processus de conception.
Mon processus de conception chaotique
L’espace du jardin
Je travaille sur papier. Au crayon. Ce n’est pas beau, ce n’est pas instagrammable, et c’est une de mes activités préférées.

J’ai commencé par un rectangle approximatif représentant le site de plantation. À ce stade, je manquais d’inspiration. J’ai imaginé les points d’entrée selon tous les angles d’où les visiteurs risquaient d’arriver, puis j’ai commencé à griffonner des sentiers possibles, légèrement, au crayon. Après plusieurs rondes d’effaçage et de recommencements, j’étais assez satisfaite de la forme des sentiers pour en faire une deuxième version, plus vive, comme plan « final ».

Les communautés végétales
J’ai commencé avec une version imprimée de la liste des plantes choisies pour le jardin. Linden a essayé d’aider.

J’ai pris une page blanche et je l’ai divisée en sections. C’est là que j’ai commencé à regrouper les plantes. Il y a eu de l’effaçage, des révisions, des pattes de mouche, et finalement les plantes ont été regroupées, puis recopiées sur du papier de bricolage avec un code de couleurs pour le jour de la plantation.










Une fois terminé, je suis retournée voir les plantes à la pépinière et je les ai réorganisées par couleur, pour chacune des 6 zones de plantation, afin que chacune ait sa propre caisse à pain.

Le transport
On a eu TELLEMENT DE FUN à transporter ces caisses de plantes jusqu’au site. Hugo nous a accueillis à l’entrée et on a eu droit à un tour, les plantes sur les genoux, puis on nous a confié la voiturette de golf pour les voyages suivants, à titre de « pseudo-employés » du parc.





La préparation du site

Hugo et son équipe avaient dégagé la zone et ajouté par-dessus une généreuse couche de mélange compost / terre, pour que les petites mains puissent y creuser plus facilement. Le matin de la plantation, on est arrivés avec des piquets de marquage et quelques petites mains bien serviables. On a commencé par reproduire dans la terre les sentiers de mes pattes de mouche pas très chic, d’abord en marchant les sentiers pour les tasser un peu, puis en délimitant les zones de plantation avec des branches de la forêt et de la ficelle.



Une fois prêts, on a déplacé chaque caisse dans sa zone de plantation, on a placé les listes de plantes au milieu de chaque section, et on a attendu le début prévu à 12 h 30 (pour être honnête, on a TOUT JUSTE fini de préparer vers 12 h 28, et à ce moment-là une petite foule s’était déjà formée autour de nous, mais on était prêts).

La plantation
On a planté zone par zone, en commençant par les plantes les plus hautes à l’arrière, et quand une zone devenait trop achalandée avec l’arrivée de nouvelles personnes, on en ouvrait une autre. Les gens allaient et venaient, et on a eu des conversations formidables avec la plupart d’entre eux. Plusieurs étaient là pour la Fête de la Forêt, mais beaucoup d’autres étaient des habitués de la fin de semaine, venus dans ce coin précis pour que leurs enfants jouent dans l’un des parcs les plus uniques de la région, ou de passage sur leur sentier de marche habituel du samedi.








On a été tellement encouragés par les commentaires positifs, les questions réfléchies, l’intérêt et l’envie de rejoindre notre groupe de bénévoles Polliniser Aylmer et de s’impliquer dans la communauté. On a eu du fun.







À la fin de la plantation, les sentiers étaient bien compactés, et avec l’aide de toutes petites mains, on a étendu une mince couche de paillis de cèdre par-dessus, en espérant surtout que les petites bestioles de la forêt laissent les racines tranquilles assez longtemps pour que les jeunes plants puissent bien s’ancrer.








On a terminé la journée sur cette belle note, avec l’intention de revenir pour la deuxième partie la semaine suivante, une fois que Nathaniel aurait débité pour nous plusieurs troncs d’arbres tombés en tranches épaisses.

DEUXIÈME PARTIE – sentiers, carex et graminées
Les sentiers
On est retournés sur le site avec nos plantes restantes, et un peu plus de 50 rondelles de bois fraîchement coupées nous attendaient.

On les a disposées au hasard le long des sentiers, puis on a pris le temps de réameublir la terre tassée, pour y enfoncer un peu les rondelles et nous laisser plus d’espace pour planter entre elles. Cette dernière étape a pris une éternité, mais une fois terminée, les sentiers étaient nettement plus stables, et on imagine qu’ils vont se tasser encore plus avec le temps.









Une fois terminé, on a aussi paillé un peu entre les pas japonais, et le contraste s’est soudainement adouci, presque comme si la forêt les avait avalés pour les faire siens.



On a planté les graminées courtes qui restaient pour border les sentiers, et ajouté des touffes de divers carex près du tronc d’arbre central, ainsi qu’entre les rondelles du sentier, et même à l’intérieur de celles-ci.



Escale #ButterflywayAylmer terminée
Enfin, la plantation terminée, on a accroché notre affiche de L’Effet papillon Aylmer, même si on sait qu’une affiche beaucoup plus belle et permanente s’en vient.



Cette plantation, réalisée avec l’aide de tant d’Aylmerois et d’Aylmeroises, est le premier de plusieurs jardins de pollinisateurs qu’on aménage à la Forêt Boucher. Les 4 ou 5 prochains seront plantés avec des élèves du primaire de plusieurs écoles des environs, dans le cadre de la Série Petits intendants, que Canopée Localeaf a conçue et adaptée spécialement pour le cadre de la Forêt Boucher. Pour en savoir plus, consultez la section Ateliers de notre OBNL, Canopée Localeaf, ou écrivez-nous.

Mieux encore, allez vous promener à la Forêt Boucher pendant que les feuilles sont encore en feu, arrêtez-vous au site, parcourez les sentiers de notre jardin de pollinisateurs et dites-nous ce que vous en pensez. On a hâte de vous lire.

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